A 6h00 Carambille sautait dans sa douche, puis faisait le café tout en épluchant les premières nouvelles du jour sur Internet et en préparant ce qu’elle allait dire à l’assemblée générale de ce deuxième jour de grève reconductible (ouf !) (en plus l’avait bien failli l’oublier l’AG avec toutes ces péripéties zérotiques)…
Maxime grognait un : « Mais qu’est ce que tu fabriques ? Tu syndicats ce matin ou quoi ?» avant de retomber dans les bras de Morphée (l’était p’être « bi » finalement le Max’), et de recevoir le dernier bisou de sa dame qui ajoutait, elle : « Je syndicat, oui, et n’oublie pas mon zange qu’on se retrouve à 11h30 à Nation pour le rendez-vous de Duval »… Alors exit Carambille dans le petit matin d’été déjà bien chaud…
Dans le train RER qui la menait à l’assemblée générale, elle retournait tous les éléments de l’histoire policière… Eiffel et Sauvestre… Les jumeaux Baudoin… Les Imaginem-Pastor et leur sulfureux pouvoir mystico-politique… se disant qu’il lui faudrait joindre Carlos après sa réunion, afin de discuter avec lui sur cette engeance : Devait certainement en savoir pas mal sur eux le zozo…
Elle (elle = Carambille, bien sûr) était également hantée par la photo trouvée par Spéranza, photo sur laquelle elle apparaissait, elle (elle = Carambille, toujours), aux côtés de Joseph ou Ferdinand (as you like) Baudoin… Elle se rappelait maintenant avoir participé à une distribution de tracts et à un rassemblement de protestation devant le château… Mais Joseph ou Ferdinand qu’est-ce qu’il foutait là dans ce costume hyper chic… Il faisait partie de la somptueuse petite sauterie des Imagem-Pastor ??? Il faisait partie d’un des collectifs qui protestaient avec les S.U.R. contre la même dite suprasomptueuse petite sauterie ??? Il faisait la sécurité (mais tous les personnels ayant été remercié cette hypothèse demeurait pour le moins étrange ou absurde ou les deux)… Que de questions sans réponses… Que de réponses sans… bref… zut… flûte…
Arrivée sur les lieux de l’assemblée générale (A.G.) : Temps plus lourd. Nuages plus bas. Ciel gris et air d’orage qui couve… Ça faisait une semaine que cela durait… La ville et ses banlieues en constellation attendaient vainement un nouvel et grand éclat salvateur et la pluie.
La salle était moins pleine que la veille, et l’A.G. était déjà commencée (la vache de TGB qui n’avait pas attendue notre Caramb’ alors qu’elle n’avait que 5 minutes de retard… ça commençait bien, tiens !) (keep cool Carambille, t’sais bien que t’es pour le travail intersyndical ) (hum… - lui disait une petite voix intérieure – mais des fois c’est tout de même moins fastoche que d’autres…).
Elle se faufila jusqu’à l’estrade où se tenaient, assis sur le bord, les représentants du personnel qui devaient prendre la parole, et où – d’ailleurs – le représentant sur terre de la TGB du secteur faisait son laïus…
Au ton qu’il employait (à endormir une colonie de fourmis après l’heure du thé ) pour raconter les GRRRRRandes AAAAAAAAvancées que la seule et première journée de grève effectuée avait apportées, Carambille comprit tout de suite que le syndicat du mirifique orateur n’était pas très très chaud pour une deuxième journée de mobilisation.
Et Carambille bouillait. En effet, c’était tout de même fort de café de se faire entendre dire que « Hier ça n’a pas trop mal marché en terme de mobilisation » (ce qui sous-entendait que c’était pas New-York) (ben woui : pourquoi kon dirait toujours « Byzance »)… et que « On a déjà obtenu beaucoup de choses » (alors que même si les résultats n’étaient pas négligeables, ils n’étaient que les résultats d’une première négociation, même pas aboutie par un pseudo accord, etc.)…
Il aurait fallu tenir la trop connue Carambing, et ce à 4 ou 5, pour lui faire endosser le même discours… Et la copine de la CDTJ qui était à peu près dans le même état, et qui sentait l’impatience de notre amie, récupéra dès qu’elle put le micro pour le passer à cette dernière…. Notre héroïne parla alors de la forte mobilisation de la veille, de la crasse de la direction qui avait ouvert les locaux aux usagers alors que 155 agents ouvriers et techniciens étaient en grève ce qui mettait à mal leur sécurité même, qu’il fallait continuer et amplifier le mouvement, et que S.U.R. proposait qu’on vote en même temps que la grève les modalités de celle-ci (c’est à dire : komment kon fait pour foutre le bordélou qui va bien et qui fâche)…
Mais là … ouille ouille ouille… branle-bas de combat, les TGBistes qui travaillaient à l’essoufflement du mouvement (voulaient plus que des mouvements sociaux les plus courts possibles, et donc travaillés en amont avec l’administration centrale, ce qui faisait dire aux S.U.R. et à d’autres qu’ainsi ils empêchaient les initiatives collectives réelles au sein des AG, et qu’en définitive ils volaient leur grève aux gens), les TGBistes donc lui tombèrent sur le poil : « (…) et qu’il était hors de question de faire des piquets, (…) et que la grève devait être majoritaire et massive ou pas, (…) etc ».…
La copine de la CDTJ tentait de temporiser tout en n’en pensant pas moins sur la position chelou de la TGB !!! Carambille, elle, leur rivait son clou (et alors ça gène qui le singulier d’un pluriel ??? on vous le demande ???) en argumentant sur le fait que la Grève n’était et n’avait jamais été majoritaire, que les acquis d’aujourd’hui étaient les acquis gagnés sur les piquets d’hier, que l’on finissait trop par trop intégrer la pensée du Patron trop, qui lui, rappelons-le, - et elle le rappelait - ne veut ni grève, ni piquet, ni syndicat, ni lutte (et alors qu’on nous prouve que la négociation à froid marche : la retraite on à vu, la sécu c’est foutu, et on finit par l’avoir toujours dans le … bon… on le dira pas mais ça rime… ) (et que mais n’empêche, sur le site, les anciens militants zé travailleurs(euses) pouvaient témoigner, et qu’y mettaient des chaînes, et qu’y zétaient pas tous en grève) (mais et alors)… et ainsi de suite…
Sur un dernier argument fallacieux des collègues, et soi-disant camarades de la TGB et autres obédiences, Carambille s’enfuit de la salle avec les potes de la section S.U.R.…
Au café, on envisageait mal une troisième journée de grève… Et re de chez re re noms d’oiseaux et autres animaux pour qui vous savez… Et comme la veille… Et le tout autour d’une bière, ou deux, ou trois… D’anjou les avait rejoint… Il disait qu’ailleurs ça avait pas mal pris et que la mobilisation se maintenait bien… Mais il confirmait les doutes de tous : la TGB avait visiblement l’envie de stopper le mouvement… Il fallait donc à tout prix mettre la gomme sur les négociations de ce jour (et ce serait dur car qu’est-ce qu’on pouvait obtenir de plus que ce qu’on avait déjà obtenu avec seulement 1 jour de grève en plus même bien suivie)… Il ajoutait que pour le lendemain il fallait envisager de faire, la mort dans l’âme, les AG de fin de grève… Tout cela n’était pas très réjouissant…
Carambille reprit seule le train et elle était tellement énervée que même son MANAGEMEUR n’arrivait pas à l’amuser (c’est vous dire !!!)… Et, mais, bof, etc., d’ailleurs, heureusement à la place de la Nation à Parigi, Maxime était à l’heure au rendez-vous avec un petit cadeau pour sa Caramb’ : un porte-clef en forme de Tour Eiffel (oui bon c’est pas grand chose, mais c’est mignon tout de même)… « L’est bête celui-là !!! » dit Carambille en remerciant le Maxime et en mettant immédiatement l’objet sur son trousseau de clefs (comme quoi ça lui plaisait bien ce cadeau : et toc !!!)…
(à suivre)