Carambille                                 SAISON 4    FEUILLETON EN LIGNE               

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Lundi 6 juin 2005
Carambille enfin chez elle, et s’étant acquittée de la promenade du chien, prenait son apéro irlandais finement arrosé d’une eau gazeuse et baigné de quelques glaçons (elle appelait ce cocktail – somme toute fort classique : un « Jospin » car elle avait vu dans un documentaire sur la campagne électorale du dit dénommé… campagne de quelle année déjà ???? (date de Mathusalem au moins) (remonte aux calendes) (etc.)… que Jospin était tout à fait fervent de cette boisson (de nombreuses scènes, d’ailleurs, s’y rapportaient))… Enfin, Carambille se reposait enfin et prenait enfin le temps enfin de réfléchir enfin, lorsqu’enfin…

… La sonnette de sa porte d’entrée sonnait (fait bien son boulot aussi celle-là) (sera bien notée, va, à la fin de l’année)…
Carambille, devenue très prudente, se posait sur l’œilleton (en prenant garde de ne pas faire de bruit, et en laissant le chien gueuler : ce qui tendait à accréditer la thèse qu’il était seul dans l’appartement – le chien of course, pas Carambille puisqu’on a dit « il » !!!)… Là, et soudainement, elle vit la tête de l’oublié Maxime, qui, bien sûr déboulait un jour avant la date prévue … Son premier réflexe fût de ne pas lui ouvrir… Mais… N’y a souvent des mais dans la vie de Carambille zavez remarqué ???… Mais… L’avait ses cheveux plus longs, s’était rasé de près, semblait sentir bon le sable chaud de Strasbourg… Enfin… L’était fort joli le Maxime dans le ze’ œilleton… Beau minot à croquer… Et… Evidemment… Elle ne résista pas et ouvrit grand la porte et ses bras…

On aurait put rester comme ça des heures (malgré les crampes et l’évident ennui qui en auraient résulté) mais Carambille, qui tenait à demeurer pratique, pensa qu’il n’y avait rien dans le frigo et que la première des choses avant d’attaquer les prises sportives du jeune-homme, était de manger !!!
Aussi, nos amoureux se rendirent-ils dans un des lieux dont Maxime avait le secret – un bistrot-à-peine-resto où il y avait tellement de bruit qu’on s’entendait quasi pas respirer l’un l’autre, mais – et ça rattrapait tout – très très sympa comme on dit … Tout ceci n’empêchant pas Carambille et son donzello de se disputer jusqu’à fort tard – non pas sur le OUI ou le NON concernant le vote de la constitution Européenne, sujet qui était de fait déjà tout à fait tranché – mais sur, par exemple, l’attitude du the Parti, que touS nos lecteurs reconnaîtront, par rapport à leurs adhérents et surtout militants s’étant ouvertement et publiquement prononcé pour le NON sur la Const’ Eur’, et on en passe… les sujets ne manquant pas…
Le retour chez Carambille fut plus calme (faut dire qu’ils étaient pas mal saouls)… et la suite s’engagea tout ce qu’il y a de mieux… Aux attaques surprises du garçon, Carambille répondait avec esquive, don, souplesse et dextérité ; puis s’était lui qui cédait aux élancés et jetés de notre merveilleuse… Et nulle n’aurait pu prédire qui allait être l’heureux gagnant de cette furieuse et non moins heureuse lutte… et et… mais le combat cessait, faute de combattants, et bien avant le verdict… car tous deux, après avoir mutuellement profité de la quasi olympique fête, s’étaient miraculeusement endormis en même temps… puis réveillés dans la nuit pour pratiquer les mêmes jeux… etc.
… Et c’est au cours de l’un d’entre eux que Carambille, qui ne perdait jamais le nord même au cœur des plus belles tempêtes, s’écriait – au grand étonnement de Maxime qui en perdait, lui, le souffle - : « Mais c’est vrai que tu as fait l’Ecole du Louvre toi !!!! »…
Le garçon et néanmoins amant ainsi interrogé réussit à répondre : «  C’est quoi ça ??? Une nouvelle position ??? », avant de renoncer à un dernier round (pour sûr, et hélas, la ‘moizelle n’était plus d’humeur)… D’ailleurs Carambille (la THE) sautait du lit, mettait la brique trouvée chez Annick sous le nez du Maximus, et lui demandait : « D’après toi c’est quoi ça ??? »…
Bof… Maxime, un rien éreinté, et pour sûr, pas du tout excité par la brique en question s’enquit d’une furtive réponse : « Ben une brique pardi, faut pas sortir de Saint-Cyr pour trouver ça, ni de l’Ecole du Louvre d’ailleurs »…
Mais Carambille insistait, c’était très très important pour elle, il fallait qu’il se concentre, qu’il fasse un effort, et patati et patata…
Alors Maxime, consciencieux (et peut-être bien amoureux) examinait avec la plus grande attention l’objet et argumentait :
« Bon… Je dirais que c’est une brique marron clair… d’une teinte particulière… et d’une taille plus petite que les briques de construction… Je pense donc qu’il s’agit d’une brique décorative… comme en ont utilisés les architectes-décorateurs du palais de Khorsabad … mais là c’est pas de la même époque… ça me rappelle les briques décoratives utilisées dans les constructions industrielles de la fin du 19ème siècle en France… et cette teinte… cette teinte… c’est si rare… ça me rappelle quelque chose… ».
Carambille exultait : « Et si c’était Noisiel ???? La chocolaterie Menier ???? ».
Maxime tombait d’accord avec cette thèse… et même il ajoutait, soudainement transporté à son tour (c’est contagieux ce genre de truc) : «  Mais oui… ça me rappelle tout à fait la couleur utilisée pour les fleurs des cacaotiers dessinées à l’aide de briques sur la façades de la chocolaterie Menier à Noisiel !!!! »…
Carambille criait « SAUVESTRE !!!! » … Et ils tombaient à nouveau zet encore dans les bras l’un de l’autre… bisous, bisous, bisous…(faut vous dire que Maxime zet Carambille s’étaient rencontrés lorsqu’étudiants ils travaillaient mutuellement sur une thèse concernant l’architecture industrielle au 19ème siècle en Ile de France… ce que c’est que l’amour tout de même !!!)…
Mais trêve de bizouterie !!! Ni une ni deux : Carambille commandait un taxi pour se rendre tout de go à Noisiel. Heureusement pour tout le monde, Maxime fut assez persuasif (passons sur les détails) pour empêcher notre vedette féminine de se rendre là-bas à une heure si tardive. …Et v’là t’y pas que sur ces entrefaites (sont longues les journées avec la Caramb’) le téléphone sonnait :
C’était Duval qui parlait pour ne rien dire, s’embrouillait et finissait par lui proposer un rendez-vous pour le lendemain midi… il avait des choses à lui dire…
Carambille ne savait pas s’il s’agissait d’un rendez-vous amoureux ou de travail… et, se méfiant, elle proposait à Maxime de l’accompagner et de rester dans les parages pendant le repas au cas où cela tournât mal (au cas où cela tournât bien – notamment côté cœur – elle se disait qu’elle assurerait toujours entre les deux damoiseaux) (et là faut quand même dire que c’était carrément gonflé de sa part) (mais elle était comme ça notre Carambille) (aimait vivre dangereusement) (et puis le Maxime l’était pas dupe) (et même la situation l’amusait plutôt) (l’était comme ça aussi l’Maxime) (l’était pas sentimental)… Alors on s’endormit finalement serein, jusqu’au lendemain matin… 
 
(à suivre)
 
 
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