Le train s’arrêtait enfin dans un crissement d’enfer : Re-Courdiamant-re-tout-le-monde-descend !!!!
A l’arrivée de Carambille au commissariat, il y avait les deux mêmes « agents d’accueil », avec les deux mêmes sourires narquois que la dernière fois quant à la situation amoureuse et oh combien personnelle du commissaire Duval…
Comme et encore et encore les oreilles de Carambille traînaient, elle pût entendre : « T’as vu, encore et encore une visite féminine !!! Hum hum !!! En plus elle est déjà venue celle-là !! » disait l’un ; et l’autre de répondre : « Et je sais pas si t’as remarqué mais… la photo… l’est plus là !!! Et t’as vu ce qui la remplace ??? » ; et l’un de s’exclamer (le the first qu’à parler en first) : « Mais non, j’ai pas fais gaffe !!! C’est quoi alors ??? Vas-y dis-le-moi !! C’est quoi qui la remplace la photo (…) »…
Mais le temps de notre héroïne quant à l’écoute de cette inénarrable (zavez pas un autre adjectif ??? On en à marre des inénarrations !!!).. euh (…) quant à l’écoute de cette incroyable histoire était compté et… elle n’en sût malheureusement pas plus…
Lorsqu’elle entra dans le bureau de Duval… quelle ne fût pas sa surprise… ils étaient deux… enfin pas deux Duval (on poussera pas l’incongruité à ce point là…) mais deux personnes présentes.
L’autre c’était Frousses, le tout nouveau et tout beau et etc. adjoint du maintenant bien connu et inénarrable (on l’a déjà employé c’t adjectif dans le texte ou je rêve ???) (no comment) : Frousses dit « la mort aux », dit « la peur », dit « je les ai », dit « chemise » et par association d’idée dit « le petit bois » ou encore « Aznavour » (là faut s’y connaître dans la goualante frenchy des années… comment dire… antéstaraciennes… pour y piger keukchôse à ce qu’y se dit là…), dit aussi « ça les fout », et enfin « sentait bon l’sable chaud » (rapport à ce qu’on prétendait en milieu non-autorisé – c’est à dire : les vestiaires – qu’il en avait fait partie à un moment x de son existence z)…
Carambille était un peu déstabilisée… Cependant elle ne l’était pas au point d’oublier son intime commission : Savoir ce qui remplaçait la photo de la Sainte dite « gisquette » netc… (non c’est pas une faute de frappe).
Frousses te bouffait l’espace d’emblée. C’était le genre de type qui emportait la sympathie malgré lui et à l’insu de son plein gré (d’ailleurs l’aimait beaucoup le cyclisme). Il avalait donc tout l’air de la pièce et ne le rendait pas. Pire qu’à un entraînement d’olympiste. Heureusement notre sympathique héroïne n’était pas asthmatique, ce qui fait qu’au bout d’un moment, l’était total aussi cramoisi que les fauteuils du théâtre de Sancoins, le Frousses…
Et Duval qui ne mouftait pas…Complètement aplati le Duval… Ou alors complètement stratège… Carambille se posait bien des questions.
Et le Frousses qui n’arrêtait pas et pati et pata et patati et patata… « Vous comprenez mademoiselle, voilà ce qui nous intrigue… Les frères Baudoin et leur façon de s’accrocher à vous… bon d’accord Joseph a travaillé à Versailles en même temps que vous et au temps – la la o la la – au temps où vous étiez secrétaire de section et que la direction morflait – j’ai travaillé moi-même là-bas après votre passage (comme un ouragan qui passait par là l’amour a tout emporté ti lilili lilililili li li li li li liiiiiii) et on parlait encore de vous… le loup blanc… c’est bien vous… mais un loup des steppes s’entend… ». L’en devenait lyrique l’ami et la Carambille voyait bien qu’elle pouvait se servir de ce « tempérament » pour savoir un peu plus de choses sur « l’affaire Baudoin and co »…
Aussi insistait-elle : « Mais moi je ne me souviens pas de lui ! Pouvez-vous m’expliquer cet attachement ?? Et puis j’y comprend pas grand chose : de Joseph et de Ferdinand = C’est lequel qu’est au frigo ??? Et lequel qu’est à l’hosto ??? ».
Et Frousses de toussoter « Oui, oui, c’est bien ça la question, enfin… » et de continuer en contournant l’obstacle somme toute fort habilement : « D’après nos dernières investigations - disait-il en se curant les dents avec un fil dentaire ramené de son dernier voyage de travail à New – York - … Baudoin Joseph faisait une fixette sur vous : Il était devenu persuadé que vous pouviez l’aider, vous et VOUS seul (ouais ben avec un E ça irait mieux… vrai macho ce Frousses mais aussi vrai prolo parvenu …enfin qui se croit parv’ et qui se fera griller la gueule au premier tournant donc vraiment pour Carambille touchant et tout et tout mais pas bandant pour deux ronds pour elle quoique pourtant pas mal joli…) (l’aimait bien mieux Duval, qui se la jouait pour l’instant à la muette mais n’en pensait pas moins tout en lorgnant sur ses roses) (ah oui n’a oublié de vous dire qu’à la place de la photo de la Thérèse de Lisieux n’y-avait un petit bouquet de roses)…(OH LA !!! On en est où des parenthèses et du reste maintenant ??? L’auteur aimerait qu’on fasse un point !! Mais n’y-a personne…when somebody … need somebody… sometimes)...
(…) (…) ( !!!) Frousses s’obstinait et bien qu’il n’y ait eu en face de lui aucun ou aucune admirateur admiratrice, signait : « (…) Au regard de votre travail syndical (Carambille faisait la gueule, elle aimait pas mais alors pas du tout qu’un représentant de l’ordre – tout comme un représentant du patronat d’ailleurs – la lui joue violon quant à ses soi-disant qualités militantes… ça sentait l’embrouille tout ça…), Monsieur Joseph croyait en vous comme on croit à une magicienne… l’avait vos coordonnées… dormait avec votre photo (là Carambille – encore elle - comprit que l’adjoint Frousses était capable de délires passagers et aussi de compréhension humaine… ouf… tous des humanoïdes finalement…).
Et c’était pas fini, ça durait des plombes la tirade du Frousses (…)(…) « En plus nous avons appris, tout comme les Baudoin, que vous aviez fait – lors de vos inénarrables zétudes (eennccooooooooooorrrrrrrrrrreeeeeeeeee « INENARRABLE !!!! ») - une thèse d’Histoire et d’Architecture… enfin on a pas forcément compris votre cursus mais on y travaille… une thèse donc portant sur « Architectes et Industriels : A qui doit-on attribuer l’œuvre ???»»…
Tout ça ouvrait des perspectives d’investigations… Et Carambille regretta fortement qu’il ne lui soit pas possible de prendre son calepin et de noter tout ce qui était en train de se dire…
Enfin Frousses allait prendre un café (ben c’est pas trop tôt !). Il décrétait vouloir en payer un à tout le monde, puis ne trouvant pas de monnaie dans ses poches, il taxait Duval de 0,50 cts d’euros et Carambille de 0,30 cts d’euros (ce qui fit penser à cette dernière que : soit le café était à un prix prohibitif dans la Police, soit Frousses n’allait pas boire un café mais un Coca-Cola – ce qu’il n’avait peut-être bêtement pas osé dire devant notre altermondialiste Carambille… et toc !).
Duval toussota : « Alors mademoiselle Carambille, vous êtes certaine de nous avoir tout dit ? ». Carambille frissonnait. Elle pensait au rendez-vous du soir avec Annick Baudoin et elle se tut.
Pourtant, pour apaiser sa mauvaise conscience elle avoua que Ferdinand ou Joseph Baudoin (allez savoir finalement !!!) lui avait dessiné, à l’aide de son chocolat et au moment où il se pâmait, l’étrange signe qu’elle avait déjà vu lors du pseudo suicide du même Ferdinand qui n’était sans doute pas Ferdinand mais Joseph… (z’avez lu le reste ou quoi ???)
Duval mâchouillait le capuchon de son bille en silence, et Carambille se disait que c’était définitivement foutu pour leurs soirées à Venise et la suite ou l’avant suite ou la veille et l’avant veille…
Frousses avait disparu, sans doute aspiré par le distributeur de boissons.
Duval posait ses dernières questions et relâchait notre amie qui, ne perdant pas son idée, lui décocha, en partant, faisant allusion à la substitution de la photo de la dite petite sainte par un bouquet de fleurs : « Au fait la photo de Thérèse ou les roses : c’est pareil ».
Duval frissonnait à son tour (« ferré » se dit notre Carambillesque fille, « Oh le joli joli brochet !!! ») : « Mademoiselle vous êtes zétonnante ! »
(Hum hum fit Carambille intérieurement « Décidément va craquer dans pas longtemps »)
Et Duval d’insister « Mais.. mais… vous êtes… enfin… normalement les gens de votre espèce ne savent pas ça… Sainte-Thérèse et les roses c’est tout de même pas commun comme instruction pour une syndicrévojesaispasquoibentaistoi… »…
Et là Carambille surfant sur la vague se la jouait grande dame : Tout en tirant sa révérence puisque Frousses ne revenait pas et que Duval la congédiait, elle décochait (deux fois « décocher » !!! Faut arrêter : Va finir par ressembler à un Saint Sébastien l’Duval !!!)… à son éventuel futur ex (l’était pas si sentimentale que ça la Carambille… l’avait le don de relativiser) et avec un regard de braise, une citation de la dite et redite petite sainte : « Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre et je ferai pleuvoir sur vous une pluie de roses».
Ainsi et ensuite sortit mademoiselle notre héroïne (ouah !).
(à suivre)