Encore une fois Carambille était encore une fois dans le train qui la menait encore une fois à Courdiamant. Pour se distraire, elle lisait encore une fois le dernier numéro de MANAGEMEURS (décidément ça devenait une vraie passion !!! Allait finir par tourner mal la Carambille avec ses conneries…).
Lorgnant sur le dossier mensuel de la revue dit « Dossier du Coach » – consacré à c’t’heure au sujet oh combien important de la délégation (pas syndicale bien sûr)(de pouvoir, of course)(est-ce que tout le monde suit, ou est-ce qu’on va devoir tout re-raconter depuis le début ????)… DONC notre désormais amie pour le meilleur et pour le pire et néanmoins héroïne (on va le savoir !!) (remettez zen zune couche on a pas encore compris), lorgnant sur le dossier, DONC, intitulé OR DONC « Déléguer, ça s’apprend ! » se délectait du ton du premier texte, en imaginant sa transposition dans le bordel ambiant et bon enfant de son syndicat favori… Ça donnait quelque chose comme ça (mode d’emploi pour les sourds : les extraits de l’article sont en italique, les zentre pointillés et pas zenitaliques étant les pensées de Carambille) :
« Allez, il te reste bien un peu de temps entre 2 et 3 heures du matin ! »
… ça c’est tout à fait moi, y’me connaisse ou quoi ???
A tous les coups, la boutade de son boss faisait mouche.
… ça c’est tout Danjou, le secrétaire général du syndicat… champion pour te filer, en plus de tes deux tracts que t’as à te coltiner pour la veille (ben oui parce que évidemment t’as déjà un métro de retard vu la somme de boulot que tu te tapes), le compte rendu de la réunion en cours… et ça sans que tu puisses lui en vouloir puisque tu sais qu’il est dans la même m…. que toi (des fois on préférerait avoir affaire au patron : au moins avec lui on peut toujours se mettre en grève et revendiquer) et ce cause que, etc., on vous la refait pas …
Débordé, Alain D. (on met pas les noms propres, déjà qu’on cite le début de l’article et qu’y peuvent peut-être nous faire des crasses… z’ozeraient pas tout de même..) 52 ans, responsable de six technico-commerciaux chez LA-BAS (là c’est pas le vrai nom, mais c’est comme à cause de ce qu’on disait plus haut), l’était en permanence.
… ouais ouais débordée en permanence syndicale nationale exactement, z’assurent chez MANAGEMEURS : on s’y croirait !!! …
Suivi des distributeurs, relations avec les acheteurs maison, planning des vacances…
… oui oui oui… réunions formelles, informelles, déformantes, formations, revendications à mettre noir sur blanc (z’aimaient bien le noir à SUR, d’ailleurs leur drapeau ressemblait à celui des pirates… sans la tête de mort tout de même… z’allaient pas jusque là), les réponses aux salariés, aux travailleurs, aux précaires, aux licenciés, aux énervés, le suivi des mails, des courriers, des dossiers… Arrête Carambille ! Arrête : On va finir par dégueuler…. Cependant z’y a une zerreur grossière dans le papier, une faute de frappe, une grosse coquille, un os d’orthographe : ils zont zécrit le mot « vacances » !!! Mais.. Mais… Ça n’existe pas !!!
Il n’arrivait plus à distinguer ce qui était important du reste.
… là ça décalait un peu tout de même… et Danjou him-self aurait déclaré solennellement à Carambille her-self : « L’important c’est : DES GOMMES, DES CRAYONS, ET LA REVOLUTION » …
Résultats, le courrier s’entassait, les reportings partaient systématiquement en retard (euh… si quelqu’un sait ce que c’est qu’un « reporting » : Merci de laisser un message à l’éditeur, ça aidera l’auteur pour la prochaine saison… et les projets restaient dans les tiroirs.
… ça ressemble plus à mon boulot – dit « vrai boulot » - qu’au syndicat pour le coup, se dit Carambille (ben oui imbécile de Carambille – se répondait Carambille à elle-même- puisque t’es sûrement plus souvent au syndicat qu’au boulot mais que le syndicat c’est du boulot aussi et que de toute façon même si ton syndicat a choisit même que c’est écrit dans ses statuts et tout et tout de ne pas avoir de permanents à temps plein pour garder un pied sur le « terrain » (tous des paysans finalement) tu finis par y jouer les courants d’air sur ce foutu « terrain » et ça parce que et … vous connaissez la suite !!!… EH EH EH TU VAS TE CALMER LA CARAMB’ OU QUOI !!!! C’est qu’elle nous engueulerait en plus !!!) …
On lui glissait à l’oreille : « Délègue, tu vas exploser ! ».
… ah non, alors là non et non, on lui dit jamais ça à Carambille… Plutôt « Fais-le toi-même, tu vas t’ennuyer sinon ! » en guise de vanne certes il faut l’avouer… Ha vraie différence étant que personne ne vous donne d’ordre au syndic’ et que chacun fait c’qu’y veut « dans le cadre des mandats collectifs décidés en Congrès » selon la formule consacrée… et que chacun fait c’qu’y veut, donc, ce qui explique que bien qu’un travail considérable soit abattu, c’est un joyeux bordel !! …
Un beau jour, il y a deux ans, il s’est décidé. « J’ai demandé à faire un stage et, en rentrant, j’ai tout changé, raconte-t-il. Déléguer c’est comme le vélo, ça s’apprend ».
… c’est une idée de slogan ça « Militer, c’est comme le vélo, ça s’apprend ! », et pis le vélo c’est porteur : le tour de France est bien l’événement médiaticosportif qui a la plus grande écoute, non ? … Hum… le Tour de France… toutes ces jambes de garçons … gaffe Carambille, tu vas déraper…
« La première fois qu’on se lance, on a un pincement au cœur et puis, très vite, on lâche le guidon ! »
… c’est ça : LACHEZ LE GUIDON !!!! OUVREZ LES VANNES !!! … des gommes des crayons et la REVOLUTION … … des gommes des crayons et la REVOLUTION … … des gommes des crayons et la REVOLUTION … … des gommes des crayons et la REVOLUTION … … des gommes des crayons et la REVOLUTION …
(à suivre)...