Carambille                                 SAISON 4    FEUILLETON EN LIGNE               

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Mardi 25 octobre 2005

Carambille avait bien failli se perdre dans la plus petite ville du monde… D’abord elle s’était trompée de lac… renseignements pris en cours de route (ou de déroute) le lac des Minimes où elle se trouvait faisait partie de la commune de Vincennes et non de Saint-Truc…
Ensuite, se trouvant cette fois dans la bonne ville elle avait demandé le chemin du « chalet »… Là on l’aiguilla vers un chalet, certes, savoyard, OK, qui abritait en plus et c’est juré un restaurant vietnamien (fameux à ce qu’on lui dit)… Mais il n’y avait pas de lac à proximité… « Bon, bon, bon, ça se complique sérieux !!! »  pensa Carambille…
Enfin… après avoir fait le tour de trois pâtés de maisons, tour lors duquel elle put découvrir ce charmant bourg, ses habitants, ses coutumes, son restaurant Japonais-Cacher, son fast-food végétarien, etc… (décidément il y avait de ces bizarreries culinaires dans le coin !!), elle arriva au dit chalet et au dit lac…

Ferdinand Baudoin était à l’extérieur, bien installé sous une tonnelle ensoleillée, et sirotait un gigantesque bol de chocolat. Il fit signe à la jeune femme dès qu’il la vit arriver (« Il me connaît donc » se dit Carambille assez interloquée).
« Vous désirez commander la même chose ? » lui dit Baudoin en première phrase… « Euh.. non non … surtout pas !! Une bière blanche fera mieux mon affaire ! ».
Après ce préambule un rien surprenant Baudoin lui expliqua que son frère Joseph la connaissait très bien (« Ah bon !! Ils sont deux donc ??? Mais alors… Mais alors… C’est le Joseph qu’est cuit ??? A préciser … Ny comprends keuk de chez keuk pour le moment !!» dixit la pensée de la Caramb’) et qu’il avait voulu lui (lui le frère)(toujours) parler à zelle, le fameux jour du CHS de Courdiamant et que c’est comme ça qu’il s’était fait buter car il avait travaillé à Versailles et elle aussi, la m’zelle’caramb’ pendant un moment et qu’elle était connue o la la la comme le loup là-bas pour la défense des cas sociaux difficiles et autres grèves et délégations et (…) mais qu’il n’avait pas eu le temps de lui parler (O O O !!! Amis lecteurs zéclairés !!! Est-ce que ceux qui suivent pourraient expliquer zaux zautres, merci !!)… ?... !!! ‘’’’ ???;; .
Tout cela était on ne peut plus embrouillé et Carambille allait ouvrir la bouche pour tenter de demander quelques précisions, lorsqu’un individu entra dans le jardin du chalet où ils étaient assis et tira à trois reprises sur Baudoin avant de s’enfuir, en courant d’abord, puis à l’aide d’une Porsche rouge du plus mauvais goût ensuite.
« Ça se complique ça se complique ça se complique comme je disais ‘t’à l’heure !!! Et comment que ça se complique !!!! » c’est tout ce qu’elle arrivait à penser.

Le Baudoin était sérieusement amoché mais encore assez vif pour saisir la main de Carambille et dessiner dessus, à l’aide de son reste de chocolat un V et un T maladroitement entremêlés. Après il balbutia : « Cherchez Sau… cher.. cherchez Sau.. vestre » et s’évanouit définitivement.
Autour d’eux c’était l’affolement des clients et des garçons de café. Ça grouillait de partout. On la fit entrer dans le bureau du directeur pendant qu’on attendait des secours. Carambille n’en menait pas large. Le patron lui proposait un cognac (« Tiens un vingt ans d’âge » se dit-elle machinalement « OK pour » ajouta-t’elle, ainsi que « fois deux, merci »).
Une demi-heure plus tard elle vit débouler le commissaire Duval. Ce n’était pas son secteur mais comme il enquêtait sur la mort du premier Baudoin, c’est lui qui avait été chargé de ce coup là aussi (bizarre tout de même, non ??).
« Décidément, vous poursuivez les Baudoin, mademoiselle ! »… Elle était bien bonne celle-là, elle n’allait pas en plus avoir des ennuis !!!
Baudoin fût mené à l’hôpital le plus proche et Carambille suivit Duval dans un des salons privés du chalet pour une première et cursive investigation (non non on ne s’excite pas inutilement : ils vont rester sexuellement sobres – dommage OK mais c’est comme ça-), cependant il ne tira rien de très intéressant de Carambille (j’vous l’avais dit !!) :
d’abord elle ne savait finalement rien,
et ensuite le peu qu’elle aurait pu lui dire (le signe à nouveau dessiné, et sur sa main à elle cette fois, et puis cette phrase « chercher sau… quelque chose ») l’aurait immanquablement fait passer une fois de plus pour une dingo..
Elle préféra donc se taire et creuser plus tard cette affaire en solo… « Vous pensez que les choses sont liées ?? » dit-elle, tout de même… « De quoi parlez-vous ? » dit Duval mal aimable pour le coup… « Et bien le… le … suicide et là… le… les… coups de feu ? ». Duval sortit de ses gonds, c’est à dire qu’il pencha légèrement la tête sur son dossier et dit très très très lentement : « Écoutez-moi bien mademoiselle Carambille, cette affaire c’est mon affaire et mon affaire c’est MON travail ! Alors vous allez arrêter de vous mêler de MES affaires, et donc de MON TRAVAIL, sinon je vous fais boucler ! C’est compris ???? Et de toute manière je vous convoque dès lundi prochain à 08h15 »..
Alors d’accord, pour Carambille c’était bien compris, sauf que c’était tout de même un peu exagéré de lui dire ça comme ça, car, en l’occurrence, c’était plutôt cette affaire qui lui courait après plutôt que plutôt le contraire… Et puis 08h15 c’était quand même très très vache !!!! Alors elle ajoutait, histoire de faire monter la crème sentimentale : « Lundi à 08h15… Seulement lundi !! » (faisait sa garce dépitée finalement, la maligne !!! )… Et Duval de s’expliquer « Oui, désolé, mais je suis en stage de formation continue “Gestion de conflit“ toute cette fin de semaine »….
Sur ces mots plutôt encourageants notre amie courut prendre le métro qui la mènerait à la réunion hebdomadaire du Secrétariat National du syndicat.

Alors et of course elle arrivait en retard et Danjou, le Secrétaire Général, était d’une humeur massacrante. Il venait de se battre (comme d’habitude) avec au moins trois imprimantes, un fax et son ordinateur lui-même qui venait de se planter lui-même. Carambille s’excusa sans aller plus avant dans les explications. Dire qu’on est en retard parce qu’un mort vous a donné rendez-vous et qu’en plus il s’est fait tirer dessus, ça ne lui paraissait pas une excuse qui puisse tenir la route… Non ! Non ! Non ! On a dit « non » !!!
Après, lors de la réunion, tout le monde en prit pour son grade. Et tout le monde rigola à un moment ou à un autre (voire à tous) : On n'avait pas fait la moitié des choses décidées la semaine d’avant, on avait perdu une convocation de réunion avec l’administration, on traînait sur l’écriture des textes du prochain congrès, on était pas assez de militants, il fallait organiser la permanence… et tout foutait le camp…
Danjou qui lançait cette litanie se calmait petit à petit… Après tout on était pas si mauvais, on avait sauvé 3 agents précaires du licenciement (bien !), on avait fait avancer le dossier de l’action sociale (très bien !), on s’était fritté puis raccommodé avec la TGB du secteur (très très très bien !!!), et demain y’avait pas piscine mais révolution… YES !!!!
Danjou : bon vivant … air à la Groucho Marx …discours bourré d’anecdotes sur l’histoire du mouvement ouvrier depuis au moins les Grecs (les anciens of course)(d’ailleurs il adorait la Grèce et les bains de mer) ou encore sur les groupuscules de 68 (après JC)(et plutôt vers 1900)(d’ailleurs il avait lui-même fait partie de l’un d’eux, nommé NERVO, dans lequel il avait pour nom de code “La Fourche“ parce que c’était un va-t’en guerre, comme aujourd’hui, en son jeune temps)… Et avec lui (youpi !!), pour le plaisir de tous, tout finissait par des chansons… de « We don’t need your education » à « Ah ça ira ça ira les aristocrates à la lanterne, Ah ça ira ça ira les aristocrates on les aura »…Et Carambille alors et doucement, agréablement, se mettait à penser à autre chose qu’à Baudoin et son frère (des jumeaux ! mais oui mais c’est bien sûr !!) ainsi qu’à toute cette sombre histoire…. 

(à suivre)

 
 
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