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Mercredi 9 novembre 2005

 

Carambille avait passé un bon week-end en compagnie de sa meilleure amie, Spéranza Von Defoe, que notre héroïne appelait plus lapidairement ‘Ranza, et qui était DRH dans un des plus grands instituts culturels du pays… Mais le portrait de cette ‘Ranza ne serait pas complet si nous n’ajoutions qu’elle était par ailleurs Grande Libertaire devant l’Éternel (entendez par-là : l’Eternel Espoir des Peuples en la Révolution, évidemment)…
Les filles avaient commencé le samedi par deux films très efficaces (et pas politiques pour deux ronds) de la grande distribution américaine, avec Denzel Washington (acteur que prisait fort Carambille, notamment pour sa capacité à cacher ses sentiments et pensées profondes et donc à surprendre le spectateur – trice… genre mur de marbre et de justice… d’enfer !!!)… Deux opus, donc, d’affilée et arrosés d’un Glengoyne-whisky 10 ans d’âge qui « captures the essence of the soft air and cool Glengoyne stream… » comme on dit…
La soirée s’était terminée fort tard, non sans avoir évoqué les ennuis de ‘Ranza avec le satané Léo Lebaron, chef du service ouvrier de son Institut, qui tentait révocations, licenciements et mises à la retraite anticipée à tour de bars et de bras en ce moment.
Le dimanche avait été plus studieux, et, tandis que Carambille rédigeait le dernier compte rendu du Conseil des Sections de son syndicat (dit aussi en joke interne “Conseil des Soviets“), Spéranza s’étalait sur le peu de place que lui laissait le chien sur le canapé du salon, la tête de la jeune femme dépassant à peine d’une pile de dossiers : Elle étudiait ainsi, non pas la vie des fourmis dans le sud du Nicaragua (sujet pourtant crucial et peu traité dans la littérature des siècles derniers), mais le rapport médical de l’établissement pour lequel elle travaillait, rapport faisant bien sûr état des activités de l’année précédente, et rédigé par le Médecin de prévention, rapport qui donc donc devait être présenté au CHS (encore !!! mais c’est que ça pullulent ces bêtes-la) le lundi après-midi même du lendemain.
Pour cette étude ‘Ranza avait descendu (elle habitait l’appartement au-dessus de celui de Carambille) tous les rapports des années antérieures afin de faire des comparaisons et de prévenir les attaques syndicales qui ne manqueraient pas de poindre (style) lors de la séance.
Cette tâche était d’autant plus compliquée pour Spéranza Von Defoe qu’elle était la plupart du temps tout à fait d’accord avec les représentants du personnel mais qu’il fallait qu’elle le cachât (style-re) soigneusement afin de mieux abonder dans leur sens aux moments zopportuns. Carambille disait souvent que ‘Ranza avait quelque chose d’une Matta Hari, ce qui rendait folle de rage la ‘Ranza en question : « Une espionne… Non… Une infiltrée si tu veux, là mille fois oui, mais pas une espionne !!! » etc.…
Bref, enfin, et, certes, malheureusement, le soir du dimanche montrait son nez… Alors il y eut à nouveau Denzel Washington (le vidéo-club allait bientôt être en rupture de stock) et pour cette fois plus de Glengoyne, mais des Amsterdamer’s beers…

Le réveil du lundi fut complexe pour Carambille (mal aux cheveux)… D’autant que ça démarrât très tôt vu qu’elle était de repos ce jour-là, c’est à dire vers 11h00, avec un coup de téléphone insistant (surtout les 25 premières sonneries)… Enfin Carambille décrochait et entendait à sa grande stupéfaction : «Allô ! Mademoiselle Carambille, ici Ferdinand Baudoin… !!! ».
Le mort au bout du fil lui proposait un rendez-vous au chalet du lac de Saint-Mandé en début d’après-midi pour lui faire des révélations… Au chalet du lac de Saint-Mandé… Pourquoi par au Jardin des Plantes avec le dessinateur Tardi pendant qu’on y est… Maugréa Carambille en raccrochant.
Que faire ? Appeler Spéranza ? Impossible la pauvre devait souffrir en réunion des chefs de services, puis viendrait l’inénarrable déjeuner du lundi et enfin zet encore la déjà évoquée messe du CHS = Elle serait injoignable toute la journée… !!! Alors alors alors : Appeler Duval ?? Aller au rendez-vous avec lui ??? Le raccompagner et lui sauter dessus ????… « Carambille vous débloguer ce me semble un petit » se dit-elle … « un petit, oui ! » se répondit-elle, en décidant, finalement, de se rendre seule et sans arme (de toute manière elle n’en avait pas à disposition)(manquerait plus que ça) au mystérieux chalet.

Carambille se prépara donc rapido, ouvrit sa porte et respira. Ciel mauve et chaud. Rue calme. Printemps précoce.  

Carambille avait passé un bon week-end en compagnie de sa meilleure amie, Spéranza Von Defoe, que notre héroïne appelait plus lapidairement ‘Ranza, et qui était DRH dans un des plus grands instituts culturels du pays… Mais le portrait de cette ‘Ranza ne serait pas complet si nous n’ajoutions qu’elle était par ailleurs Grande Libertaire devant l’Éternel (entendez par-là : l’Eternel Espoir des Peuples en la Révolution, évidemment)… Les filles avaient commencé le samedi par deux films très efficaces (et pas politiques pour deux ronds) de la grande distribution américaine, avec Denzel Washington (acteur que prisait fort Carambille, notamment pour sa capacité à cacher ses sentiments et pensées profondes et donc à surprendre le spectateur – trice… genre mur de marbre et de justice… d’enfer !!!)… Deux opus, donc, d’affilée et arrosés d’un Glengoyne-whisky 10 ans d’âge qui « captures the essence of the soft air and cool Glengoyne stream… » comme on dit… La soirée s’était terminée fort tard, non sans avoir évoqué les ennuis de ‘Ranza avec le satané Léo Lebaron, chef du service ouvrier de son Institut, qui tentait révocations, licenciements et mises à la retraite anticipée à tour de bars et de bras en ce moment. Le dimanche avait été plus studieux, et, tandis que Carambille rédigeait le dernier compte rendu du Conseil des Sections de son syndicat (dit aussi en joke interne “Conseil des Soviets“), Spéranza s’étalait sur le peu de place que lui laissait le chien sur le canapé du salon, la tête de la jeune femme dépassant à peine d’une pile de dossiers : Elle étudiait ainsi, non pas la vie des fourmis dans le sud du Nicaragua (sujet pourtant crucial et peu traité dans la littérature des siècles derniers), mais le rapport médical de l’établissement pour lequel elle travaillait, rapport faisant bien sûr état des activités de l’année précédente, et rédigé par le Médecin de prévention, rapport qui donc donc devait être présenté au CHS (encore !!! mais c’est que ça pullulent ces bêtes-la) le lundi après-midi même du lendemain. Pour cette étude ‘Ranza avait descendu (elle habitait l’appartement au-dessus de celui de Carambille) tous les rapports des années antérieures afin de faire des comparaisons et de prévenir les attaques syndicales qui ne manqueraient pas de poindre (style) lors de la séance. Cette tâche était d’autant plus compliquée pour Spéranza Von Defoe qu’elle était la plupart du temps tout à fait d’accord avec les représentants du personnel mais qu’il fallait qu’elle le cachât (style-re) soigneusement afin de mieux abonder dans leur sens aux moments zopportuns. Carambille disait souvent que ‘Ranza avait quelque chose d’une Matta Hari, ce qui rendait folle de rage la ‘Ranza en question : « Une espionne… Non… Une infiltrée si tu veux, là mille fois oui, mais pas une espionne !!! » etc.… Bref, enfin, et, certes, malheureusement, le soir du dimanche montrait son nez… Alors il y eut à nouveau Denzel Washington (le vidéo-club allait bientôt être en rupture de stock) et pour cette fois plus de Glengoyne, mais des Amsterdamer’s beers… Le réveil du lundi fut complexe pour Carambille (mal aux cheveux)… D’autant que ça démarrât très tôt vu qu’elle était de repos ce jour-là, c’est à dire vers 11h00, avec un coup de téléphone insistant (surtout les 25 premières sonneries)… Enfin Carambille décrochait et entendait à sa grande stupéfaction : «Allô ! Mademoiselle Carambille, ici Ferdinand Baudoin… !!! ». Le mort au bout du fil lui proposait un rendez-vous au chalet du lac de Saint-Mandé en début d’après-midi pour lui faire des révélations… Au chalet du lac de Saint-Mandé… Pourquoi par au Jardin des Plantes avec le dessinateur Tardi pendant qu’on y est… Maugréa Carambille en raccrochant. Que faire ? Appeler Spéranza ? Impossible la pauvre devait souffrir en réunion des chefs de services, puis viendrait l’inénarrable déjeuner du lundi et enfin zet encore la déjà évoquée messe du CHS = Elle serait injoignable toute la journée… !!! Alors alors alors : Appeler Duval ?? Aller au rendez-vous avec lui ??? Le raccompagner et lui sauter dessus ????… « Carambille vous débloguer ce me semble un petit » se dit-elle … « un petit, oui ! » se répondit-elle, en décidant, finalement, de se rendre seule et sans arme (de toute manière elle n’en avait pas à disposition)(manquerait plus que ça) au mystérieux chalet. Carambille se prépara donc rapido, ouvrit sa porte et respira. Ciel mauve et chaud. Rue calme. Printemps précoce.  

 

 

 (à suivre)

publié dans : saison 1
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Commentaires

coucou ! Je viens ici te remercier sur ce que tu as mis hier soir sur le fil "littéraire". Ce sera l'objet de mon article d'aujourd'hui.Je n'ai pas prit le temps de lire toute ton histoire, mais je le ferai...en tous cas c intéressant. Bonne route sur Over-Blog ! à + Zaza
commentaire n° : 1 posté par : Zaza (site web) le: 24/05/2005 07:19:26

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