Carambille                                 SAISON 4    FEUILLETON EN LIGNE               

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Dimanche 28 mai 2006

On arrivait à l’Ecole d’Administration de Bastalléria - située sur une île virtuelle à quelques mètres du quai des Victimes– en canot.

Ainsi, en ce premier jour de rentrée, pouvait-on voir s’acheminer, en un essaim serré, les quelques dix bateaux qui apportaient les nouveaux élèves (chaire fraîche, sang frais, glop glop) de la promotion encore sans nom de l’année 2005-2006. La mer était d’huile, le soleil déjà chaud, et les êtres étrangement silencieux. En fait, tout le monde avait le trouillomètre à moins vingt (faut casser l’ambiance des fois, pas de tabou, pas de poésie, ni dieu, ni maître – sauf Léo qu’a même réussi à canner un 14 juillet - et la suite, bo bo bo !!!). En fin de parcours, les embarcations  s’inséraient dans un tunnel creusé à même le rocher et débouchant sur le portail, pas du tout monumental, de l’institution… Eh oui !!! C’était triste, mais y’avait pas de château, pas de tours ou de tourelles,  pas de toits pointus, pas de chemin de ronde, pas de pont levis, point de lumières magiques, de chants mystérieux, d’escaliers mouvants, de chevaliers moribonds depuis des lustres et volants dans les airs embrumés d’un plafond de ciel étoilé… nada de nada de tout cela… Et zut !!!

De fait, notre mam’zelle trouvait l’entrée de l’école démesurément étroite, de plus (c’est comme ça qu’elle va apprendre à parler la Carambouille finalement, autant commencer d’emblée – « commencer » et « d’emblée » c’est pas forcément très heureux mais ça fait bien langue de bois : donc : c’est bon on prend !!!!)… de plus, donc, le tableau qui trônait au-dessus du bureau d’accueil et qui était censé représenter le port de Bastalléria était on ne plus kitch-balnéaire et résolument laid (on ajoutera qu’il ne bougeait même pas) (quoi que l’avenir nous réserve quelques belles surprises) (mais taisons-nous l’avenir n’étant pas encore advenu)…

 

A la réception des novices présidaient le directeur (qui en l’occurrence était une directrice)(mais comme elle avait un brin de barbe, Carambille, toujours prolixe en blagues à 3 francs 6 sous, décida qu’on pouvait tout de même l’affubler du surnom de « Dumbledore[1] » avec le diminutif plus sympa et plus féminin de « Dumbly »)… On le refait : A la réception des novices présidaient le directeur, ses adjoints, ainsi que tout le personnel administratif…

 

Notre héroïne et ses collègues virent ensuite passer, en 6 heures de temps, pas moins que : le maire de Bastalléria, le préfet de Basse-Sicorcie, des représentants de la Région de Sicorcie, le procureur de la République du coin (c’est le Procureur qu’est du coin, bien-sûr, pas la République !! Non mais on se demande des fois pour quelle sorte de lecteurs on écrit !!!!! On pouvait pas dire « le Procureur du coin de la République » tout de même !!! Faut réfléchir ce me semble un petit !!!!)) et encore d’autres (ben woui, la phrase n’est pas finie !!!) qu’on oubliera bien qu’elles(ils) soient sans aucun doute zinoubliables….. Tout ce beau monde s’étalant évidemment en discours et anecdotes zinterminnnnnnnnnnnnaaaaaaaaaaaaaables !!

Le résultat de cette administrative et mondaine litanie fût que tout le monde tint le garde à vous et ne moufta mot de toute la journée (c’était sans doute la Saint Muet ou alors la Saint Raide, va savoir), sauf Carambille qui : ne riait pas au bon moment (quand les autres ne riaient pas du tout)(un point pour la Caramb’ donc !), n’avait pas le bon look (pantalon de toile et tee-shirt, quand les autres tapaient tous - y compris les filles - le costard 3 pièces !!!), pensait quant il fallait écouter, écoutait lorsqu’il fallait ne pas penser, bref si on continue la liste on est foutus[2] (oui avec un « S » car on revendique haut et fort que les lecteurs soient, comme leur nom l’indique, plus que 1)…

A la fin de la journée, Carambille avait entraperçu ses congénères (en masse, puisque la substance exacte de sa classe lui restait inconnue), reçu sa carte de « fonctionnaire-stagiaire » (et quand on a 8 ans de travail dans la Fonction Publique dans les cannes croyez-moi ça fait tout bizarre), et sa magique des magiques clefs qui ouvrait la salle informatique (pleine d’ordinateurs reliés à Internet et ouverte jusqu’à quand on voulait…………. ). Elle avait aussi pris une tonne de notes parfaitement inutiles et trois coups de soleil pendant les pauses.

Duval était censé sortir le chien pendant tout cela. Mais lorsque notre m‘zelle mit les pieds dans le hall du 72  rue du Héros, à 17h00, elle fût accueillie par les OUaHHHHHHHHHHH oUh OUAHHH de l’animal qui hurlait à la mort. Montant 4 à 4 les marches des deux étages, elle ouvrit rapido la porte et trouva : Un Joe (woui c’était bien le nom de son chien, et ce en hommage à Joe Star qu’était son fav’ entre autres décidément) complètement out et solo… Sans réfléchir, elle chopait le chien, la laisse, une boîte de cigarillos, un briquet et emmenait le tout sur les dalles du vieux port histoire de prendre de l’air pour tous…

Plus elle fumait, et plus elle pensait : En fait, si son souvenir était bon (et du reste, il ne l’était pas) son appart’ était un rien sans dessus-dessous … Faudra vérifier mais apparemment et de mémoire il manquait bien des choses ??? Un cambriolage alors… Ça expliquerait le désordre et les cris de Joe… Cependant Carambille se souvenait que son magnifique ordinateur portable qui ne nécessitait  aucun mot de passe pour s’ouvrir trônait encore sur la table qui lui servait de bureau… Pourquoi les voleurs ne l’auraient pas embarqué alors que c’était à peu près la seule chose qu’elle possédait et qui était un tant soit peu monnayable... et le portable de Duval qui restait de minute en minute sur répondeur… Et si c’était lui qui tout simplement c’était cassé… Putain… Bien sûr que c’était possible = Retour vitos au 72 avec un chien qui tirait la langue car faisait très très chaud.. Et de fait, plus aucune affaire du sigisbée ne gisait (on espère que le lectorat appréciera les poétiques allitérations)…  Mais zalors mais zalors… c’était une rupture ou quoi ???? Fallait joindre Spéranza[3], obligé, passage obligé la Spéranz’, pour chialer un brin, discuter beaucoup, spéculer énormément… entre filles… Mais Carambille tombait sur le répondeur de son amie « Alenxandrie / Alexandra / Je suis dans ta vie / Je suis dans tes draps / Alexandrie / Alexandra / J’ai plus d’appétit / Bonjour vous êtes bien sur le maléfique répondeur de Spéranza Von Defoe/ Je ne suis pas là et la suite / Laissez message et plus si vous voulez / phrase du jour : « Celui qui n’avance pas recule !!!»…BIP !!! »…… Carambille et son chien se retrouvaient donc seuls face à l’adversité…   A suivre

[1] Nom du directeur de l’école des sorciers de Pouldard, dans Harry Potter. Ce dernier, en grand sorcier qu’il est, a bien entendu une très longue barbe (style Merlin l’enchanteur, et tout et tout).[2] Y’a pas qu’avec la géographie et l’histoire qu’on va prendre nos aises, mais l’orthographe aussi, et la typographie encore et puis tout ce qui, de toute façon, nous passera par la tête.[3] Spéranza Von Defoe : DRH libertaire d’une des plus grandes institutions culturelles, et, par ailleurs, meilleure amie de Carambille – cf. « L’architecte et les patrons » du même auteur chez le même éditeur dans la même collection, etc…

par carambille publié dans : saison 2
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