L’iA l’approche des terres, le ferries de la MSNNC (Mutuelle Sicorcienne Nautique et Non Commerciale) tremblait à tous les étages sur des eaux pourtant étales et sans doute très chaudes. Les pâles des ventilateurs en ajoutaient une couche. L’air était lourd et salé. Heureusement, en ce début de fin de saison ( !!!) peu de monde pour se partager les banquettes moelleuses du bateau.
Le chien de Carambille dormait, affalé sur une moquette aussi bleue que les eaux sus-décrites et aussi épaisse que l’air sus-décrit itou -, et si l’on n’entendait pas les ronflements de l’animal, notons que c’était bien à cause de tout ce bordel de stupeurs et tremblements…
Le voyage avait été long, voire aventureux, et la perspective ouverte désormais d’un rêve d’île jaillit d’une masse de brume et se découpant à travers des nuages comme montagneux, relevait, pour notre sympathique et désormais internationale ( !!!) Carambille (ben voui, l’héroïne c’est elle !!), plus de l’hallucination que de la réalité. Un groupe d’enfants, criant « Terre !! Terre !! » ne la convainquit qu’à moitié, les enfants ayant – c’est connu – une forte propension (et voui on se vocabulise avec l’âge … et la 3ème saison de c’te feuillet’sera subjonctive ou ne sera pas, et en langue rabelaisienne qui plus est, wouah !!!) à souscrire (et ça continue n’en jetez plus, la page est pleine !!!) aux contes, rêves, images fictives et autres affabulations…
Et pourtant c’était vrai !!! La Sicorsie !!! La Sicorsie enfin !!! La Sicorsie enfin visible après deux jours pleins de pérégrinations, avec - pour une nuit - un arrêt sur une des villes de la côte azurée où Carambille, alliée à Duval (l’inénarrablissime commissaire parisien et néanmoins amant de la dite) étaient descendus dans un hôtel (o la la 50 euros la chambre et qui acceptait les chiens) sis face à la gare et qui s’avéra être un des pieds à terre des sans-papiers venus de l’Europe de l’Est, chose qui n’était pas pour déplaire à la jeune femme (on n’aime bien prendre le style Arlequin et tout le toutime des fois).
« Ça commence !!! » grinçait Duval, entrapercevant, au détour du premier couloir menant à leur chambrette, un gamin à moitié nu, qui, s’exprimant en un russe parfait, lui expliquait où se trouvaient les toilettes… « Oui !! oui !! c’est ça !!! Mais moi c’est ma chambre que je cherche !!! ». Carambille, fulminant intérieurement, le laissait dire tout en caressant les cheveux en brosse du petit : « Spaciba[1] ! » lui dit-elle ; « Tu parles Russe toi maintenant ??? Ça ne m’étonne pas, remarque !!! » lui dit-il ; « Ce que j’aime chez toi, c’est l’ouverture d’esprit, mon ange chrétien du dimanche » lui re-dit-t-elle … On vous passe la dispute qui s’en suivit puisque finalement elle ne suivit pas… mais… on présuppose qu’elle n’aurait su ou ne saurait tarder … on fait donc comme si…
Là faudrait p’être zexpliquer un brin l’histoire, histoire de briffer les malheureux lecteurs néophytes :
« « - Notre héroïne Carambille, fonctionnaire du ministère X, syndicaliste et poète, s’est vue confrontée, lors de la première saison de ce soap aujourd’hui populaire, à une drôle de sale histoire … et voilà :
« Se rendant un jour à Courdiamant pour un Comité d’Hygiène et de Sécurité sis au lieu dit « la ferme briarde » : patatra ‘’’!!! : Elle rencontre (entre autres) un faux suicidé mais vrai mort nommé Ferdinand Baudoin. Elle est convoquée le lendemain au commissariat par le commissaire Duval (qu’a une vraie amourette platonique et post-mortem avec Sainte Thérèse de Lisieux)… Et c’est là que Duval lui tape un peu dans l’œil - malgré son genre catho blanc-bec… - et qu’elle prévoit d’en faire son 5ème amant (les 4 autres étant : Paul, Carlos, Maxime et Victor…)…
Bon !!! On passera les détails, les lecteurs devant savoir simplement :
ý que Carambille rencontrait alors toute la famille Baudoin et ses turpitudes, ainsi que les ImagemPastor (secte libérale dite encore « maîtres du monde ») ;
ý que la meilleure amie de Carambille était l’inénarrable Spéranza Von Defoe : libertaire entriste et – donc - par ailleurs, DRH d’une des plus grandes institutions culturelles de la capitale ;
ý que la liaison Duval / Carambille était désormais avérée (comme vous l’aurez constaté et compris) ;
ý que Carambille avait été retenue au concours d’une école d’administration, et que cette dernière était sise en Sicorcie…
And now, puisKe all body is calédos[2], on continue ....
Or donc, Duval sis et couché sur le lit d’un hôtel modique en compagnie (quasi) de sa dulcinée Caramb’ dans une ville - comme on l’a dit - « de la côte azurée » et en attente de l’arrivée en Sicorsie prévue pour le lendemain ; or donc (z’aimez pas Proust ou quoi ??? Reprocher toujours la longueur des phrases c’est lassant au bout d’un moment !!! Franchement !!)… Well ! Or donc – donc (na !!) – Duval, nonchalamment couché sur un lit malheureusement monoplace, réclamait la venue non moins nonchalante d’une Carambille qui, elle, rêvassait (simplement et sûrement) sur les mouvements de la gente « mouette » ayant élu domicile sur le toit aux briques rouges et certainement – malgré l’heure tardive- encore brûlantes de la gare de l’azurée commune… (ouf !) :
- « Tu viens ???? » ;
- « Non, je prends des notes » ;
- « C’est vrai que la m’zelle zest poète » ;
- « Woui, n’en déplaise za môssieu… on fait du Labiche, du Feydeau, zou quoi ??? » ;
- « Bof j’aime pas beaucoup la littérature !! » ;
- « Mouais, ben moi j’vais sortir le chien » ;
- « No comment »….
OUAH !!! C’est pas qu’y y avait d’l’eau dans le gaz mais bon…
La ville – cette ville de la côte dite « hum !hum !»-…Bref, la ville ne pouvait être visitée sans faire sentir (ou ressortir) son odeur mafieuse persistante et attirante. Elle était agréable, et suintante et minérale et donc totalement impropre à l’animal de compagnie : pas un espace vert non policé, pas une plage ou une place ou un espace libre et non censuré… La promenade tournait donc court rapidement et Carambille et son chien se retrouvaient ainsi très vite de nouveau à l’hôtel où les enfants russes étaient toujours debout, et où Duval ronflait comme un sourd… Le chien lui léchant les deux oreilles et Carambille l’embrassant tendrement ne réveillaient pas le garçon… Dommage pour lui… Demain il y aurait la traversée en bateau et l’entrée en l’île … Même Carambille était fatigué et le grand sommeil, donc, survint.
Le lendemain il leur fallut trouver l’arrêt du bus où ils prendraient le bus (ben woui) qui les mènerait au bateau qui les emporterait vers l’île… Un vrai poème : l’arrêt du bus n’était pas indiqué et se trouvait au feeling… Une fois dans le bus, l’arrêt au port (non pas « l’aéroport » !!! On a dit ki partaient en bateau !!! Faut suivre des fois !!!!) l’arrêt au port devait être demandé par le passager lui-même – sinon le bus s’arrêtait pas -… Une fois descendu au bon endroit, il leur fallut trouver comment se rendre au quai « 2B trois-quart » où les attendait le bateau ….
« T’es certaine de ce que t’avances ??? Quai 2B trois-quart c’est totalement improbable… Sauf si on est dans Harry Potter… » disait Duval, nez en l’air et mains dans les poches… « Mais regarde, demande, fais quelque chose !!! Ou alors porte la valise » chuchotait Carambille un rien vénerguère[3] ( !!!)… « En parlant d’Harry Potter, je sais pas si t’as remarqué, mais « Sicorsie » c’est quasiment l’anagramme de « sorcier » » continuait Duval, jetant des coups de pied dans les boîtes de conserves vides (notre héroïne l’ayant initié – l’est jamais trop tard pour bien faire – à Gainsbourg, « je t’aime moi non plus » et tout le bataclan…)… « Je crains total les araignées, les serpents, les hippogriffes et tout et tout, alors Harry Potter c’est hors de ques’ !!! Même si j’ai comme lui une balafre au front !!! » s’exclamait Carambille… Mais comme c’est pas elle qui commande (dixit l’auteur), on sait jamais !!!!
Enfin, après bien des déboires et comme par magie : nos deux protagonistes avaient réussi zà se tailler du continent…Alors… Alors…
Alors désormais, à l’approche des terres, et face à cette masse de roc et de brume qui était l’île elle-même, Carambille qui se remémorait tout ce voyage et en appréhendait l’aboutissement écoutait un Duval qui lui disait : « Et bien ma chère, si Frousse[4] était ici, il aurait vite fait de remarquer que 4 extincteurs d’incendie ont les plombs HS et que le nombre de canots est insuffisants pour le nombre de passagers que nous sommes »… Et Carambille de lui répondre : « Tu remarqueras qu’on a pas besoin de Frousse pour faire ce triste constat… Or donc, si j’ai tout compris au niveau scénario on a le choix entre Harry Potter ou Titanic… Ben alors je prends le premier sans hésiter : ça fini mieux »…
Le ciel était bleu et avalait le port… On était arrivé… A suivre...
[1] Oui, ben on sait pas comment ça s’écrit : on se contentera pour lors de la version phonétique …[2] C’est-à-dire « au parfum ».[3] C’est à dire « énervée » (traduit du verlangan)[4] Flic collègue de Duval, cf. « L’architecte et les patrons » du même auteur chez le même éditeur dans la même collection, etc.
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