Carambille tournait dans son deux pièces Sicorsien. Joey tournait dans son deux pièces Sicorsien à la suite de Carambille. L’air tournait dans le ventilo du deux pièces Sicorsien entraînant les idées de Carambille et de Joey. Ça foutait un de ces tournis à vous décrocher le cœur, l’estomac et toutes les tripes. N’avait une envie de dégueuler à la fin, aïe aïe aïe !!!
Et elle était en rogne notre diva, l’aimait pas du tout s’être fait lâcher comme aç (mais pas du tout du tout du tout !!!) ; alors all’ fouillait tous les coins zet recoins : l’avait bien laissé keukchose pour zelle tout de même c’t’andouille de Duval…
Une chaussette, un kleenex, 3 tickets de métros usagés, un album de Sudoku à demi terminé, le n°1 de la saison 1 du « Caméléon », un briquet avec la tête de mort – effigie de la Sicorsie - qu’avait (comme chacun sait) un fort passé de piraterie (la Sicorsie bien sûr, pas le briquet[1])(quoi que…) -, une boîte de préserv… bref… n’allait pas allé loin avec tout ça la Caramb’. Même pas un petit mot, une photo, un bouquet de fleurs ou je ne sais quel truc un brin sentimental, non, j’t’en fous, que des oublis à la con de mec qui se tire dare dare et qu’on sait pas pourquoi. Carambille rassemblait ce piètre[2] butin, le déposait dans une boîte à chaussures qui lui tombait miraculeusement sous la main (arrivait à pic celle-là tiens) et rangeait le tout bien ficelé au fin fond de la cheminée. L’avait pas trouvé d’endroit plus caché et plus incongru, c’était un peu comme une punition[3] pour l’absentéiste de service, etc. etc. etc. Bon ! Fallait réagir maintenant !!!! Une bouteille de Jack Daniel’s se trouvant comme par magie à côté d’elle, notre protagoniste s’enquit rapidement de ce qu’elle recelait. Au bout de deux verres (non pas Patrick !!! Mais par l’sang bleu c’qui sont bêtes!!!) l’aventure l’a faisait déjà sourire… et au quatrième elle se marrait franchement en prenant quelques décisions…Ah c’était comme ça, et bien on allait voir, et surtout le petit flicard fuyard et désormais pénard faut croire de Duval (et merde ça rime même pas ! L’aurait pu au moins s’appeler Duvard !!!), de quel bois elle se chauffait !!!
D’abord, il lui fallait absolument des infos sur le Sieur, savoir où il avait bien pu se tirer, quels étaient ses points d’attache, ses centres d’intérêt ou de désinteretlasuite, car finalement elle se rendait compte qu’elle savait bien peu de chose sur LUI. Internet était la solution, bien sûr, mais comment faire ? Le deux pièces en était dépourvu !!!
C’est alors que Carambille se souvînt que le matin même, le secrétaire du SDE[4] lui avait remis, comme à chacun de ses congénères, un badge magnétique qui permettait d’entrer en dehors des heures de cours dans la salle informatique. Tan tan tan… Aussitôt pensé aussitôt fait. Et en quatre bons six mouvements notre amie était devant l’embarcadère qui menait à l’Ecole. Pas de matelot en vue : qu’à cela ne tienne, elle ramerait elle-même.
La nuit était chaude et claire. Sur la mer, la lune prise au piège des nuages et invisible au ciel, faisait des puits de lumière. La barque filait sous les bras musclés de la jeune femme[5]. Enfin, elle atteignait le quai, sautait sur les dalles, ouvrait la porte et entrait dans la salle. L’obscurité était quasi complète. La seule lueur bleutée des écrans des ordinateurs allumés cassait un peu de ces sombres ténèbres. Carambille n’avait pas fait deux pas qu’elle étouffait un cri……ah !! ….. car là, à trente pas (soit 32 pas de fait depuis son entrée !!! vous avez bien compté, mais malheureusement ça n’a absolument aucune incidence ni aucune importance dans l’histoire)(quoi que…) gisait, dans une mare vermillon, le corps apparemment sans vie, et en tout cas sans mouvement, du directeur de l’école (qui d’ailleurs était une directrice). Ouh !!! Un meurtre se pensa Carambille, encore !!! : Que faire ??? Reprendre la barque, foncer au premier commissariat, tout déballer et… on verrait bien… C’était son choix et elle le maintenait (l’allait gagner des millions[6] tout à l’heure tu va voir)……………………………..
Au commissariat on écoutait son histoire, certes, mais on n’en avait franchement rien à … battre … car franchement d’autres chats zà fouetter : Quatre attentats non encore revendiqués venaient d’avoir lieu sur le territoire du département (dont 2 sur la commune), et ça courrait partout… Alors la vision rapide d’un (une) mort(e) vous pensez : « Hein…Quoi… Un homicide… Vous avez vu un corps allongé dans une mare de sang.. Oui oui… Et vous êtes certaine que c’était un macchabée ??? Y ronflait ou y ronflait pas ??? Y ronflait apparemment plus… Bon !!! … Vous maintenez donc ce que vous avancez… Bon !!! Bon !!!!!! Bon !!!!!!!!!!!! On vous embarque, c’est le moment de le dire, pour étudier tout cela, mais vous avez intérêt que… Eh oh de la compagnie !! Qui peut conduire le zodiaque now ??? Très bien Filippaki et Salutiloscompagnos, allez-y, emmenez la jeune fille !!! Et c’est parti pour le show, et c’est parti tout le monde est chaud !!!! Faut bien rigoler des fois !!! Vous m’excuserez ma’mzelle, je retourne faire la bombe !!! »
Et c’est ainsi que Carambille se retrouvait assise dans une vedette de police d’enfer fonçant par tous les diables vers l’Ecole d’Administration. On arrivait vit’euf, débarquait encore plus fissa, puis entrait à toutes blindes dans la pièce dite « salle informatique », et on constatait ……………….. « OH NON !!!! ( !!!) » dit Carambille… car il n’y avait personne, et surtout pas de flaque vermillon zet de corps s’y baignant…. « MAIS JE VOUS ASSURE QUE TOUT A L’HEURE IL Y AVAIT !!!! »… Les flics se regardaient et soufflaient : « Mi’ sont tous fous ces éarquiens[7], tanpis » …
Fût bien emmouisée la Carambille, et surtout lorsqu’elle vit débouler dans la salle le directeur (qui d’ailleurs était une directrice) de l’Ecole himher-self, qui s’écriait du fond de sa barbe : « Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ??? C’est pas bientôt fini ce boucan !!! Comment ça « morte » vous plaisantez j’espère mon petit bonhomme !!! C’est quoi votre blaze à vous ??? Filippaki… Et vous ? Salutiloscompagnos !!! Et vous trouvez ça drôle !!! Arrêtez un peu de vous payer ma poire et racontez moi ce qui vous amène, j’m’emmerdais justement en regardant Delarue et un « Ça se discute » spécial « Frigidité, comment s’en sortit sans sortir »… Ah oui !!! C’est mon décès qui vous amène !!! Mais entrez, faites donc, tout le plaisir est pour moi, vous prendrez bien une bière ouaf ouaf ouaf !!! Et en parlant de « donc », dites donc Mademoiselle Carambille Maximilienne (inénarrable ce prénom, inoubliable même, je retiens) : Qu’apprends-je, qu’entends-je, que que que, vous m’avez vu, ici, couchée, sanglante, et morte qui plus est ??? Alors là ma beauté, faudrait arrêter les stupéfiants ou je ne sais quel excitant hallucinogène employé car ça fait franchement mauvais effet pour votre premier jour de scolarité !!!! Quoi, vous persistez, mais ma pauvre petite chose, vous puez le whisky à 100 mètres. Allez vous dégriser au plus vite. Quant à moi, vous noterez que je suis en parfaite santé, et que même, malgré l’heure tardive, je pète littéralement la forme et je le prouve : POUH POUH PIDOU !! WOUAH !!! En conclusion, vous passerez dans mon bureau demain matin à 7h45 PETANTES !!!! Et circulez désormais, circulez y’a plus rien à boire (elle est pas mal celle-la, tiens, je la recaserais) ouaf ouaf ouaf ouaf ouaf ouaf ouaf ouaf ouaf ouaf !! »
Le Filippaki grognait en regardant une Carambille qui lui lançait son plus beau sourire, histoire de sans sortir sans trop de dommages (non corporels s’entend)… De toute façon le bip du policier bipait (ce qui reste normal) en même temps que celui de son collègue (ce qui tombait bien) et fallait qu’ils rentrent au plus vite car une cinquième bombe venait de sauter en pleine ville… Alors les histoires de fantômes (même pas chinois)(et encore vivant qui plus est) de notre héroïne, c’était du petit petit mais du tout petit fretin… Aussi se cassèrent-ils laissant Carambille toute seule puisque le directeur (qui d’ailleurs était une… comme vous êtes désormais au courant) s’était déjà retirée – grande dame – en ses appartements (de fonction, of course). Restait plus qu’à ramer jusqu’à la rive urbaine et rejoindre son chien en attendant les fatidiques 7h45 PETANTES où là, pour sûr, ça allait PETER pour son matricule…
«
A 6h45, c’était galère… Le réveil avait sonné depuis 30 minutes, Joey rigolait en léchant les oreilles de notre syndicaliste préférée qui voulait pas se lever.. « Zut de zut à bec !!! C’est que j’ai rencard moi, faut que j’me grouille un brin si je veux pas me faire enguirlander en plus du plus de tout… », pensait en sourdine notre endormie… « Chic de chicos j’vais sortir plus tôt !!! » songeait, pour lui et haut et fort, Joey, bien que ce ne soit pas encore gagnée…
Carambille avait réussi son extraction onirique et trônait au milieu de la pièce unique de son 2 pièces (et alors ??? n’y’en a qui trouve za redire sur cette formulation !!!Eeh ben ki zy viennent au 72 rue du Héros à Bastalléria, et on en reparlera !!!). Le café était le bien venu, les biscottes aussi, la douche encore plus, la sortie du chien - le long du port de commerce – idyllique, l’acheminement devant le débarcadère, galère, (y’avait toujours pas de rameur, et la d’moiselle canota donc en solo) (d’ailleurs les éarquiens appelait l’île virtuelle qui soutenait l’Ecole « la Galléria », c’est vous dire si c’était sympa ce qui s’passait là-bas – et pour le coup ça rime là -)..
En bref, elle se trouvait maintenant devant la porte du bureau du directeur (qui d’ailleurs était une…) et piaffait. L’était en retard la sieuse dir’ (voire « chieuse directe ») mais n’aurait pas de réflexion ni de sanction, elle !!! Enfin, la vl’à qui se déboulait du fin fond d’un couloir, arrivant - silhouette floue sculptée par la lumière déjà haute et la chaleur déjà forcée – très sûrement et très lentement en une démarche tout de même un rien tremblante qui découlait d’une vision éventuellement dédoublée par un schnaps matinal… BREFFFF !!!!!!!!!!!!! L’entrevue – mémorable et / ou historique – Carambille et Dumblestroumpft (dite DUMBLY ou « directeur (qui d’ailleurs était une directrice…)) commençait : - Bon ! !!!! Voilà une entrevue d’importance !!!
- Ecoutez madame le directeur, je suis désolée pour hier soir, je ne sais pas ce qui s’est passé, mais de fait j’ai bien vu votre corps étendu…
- Je vous arrête tout de suite… Cette histoire de vision je m’en bats les flancs avec une queue de sardine éventuellement pêchée dans le vieux port… C’est pas pour cela que je voulais vous voir. Par contre… j’ai lu, à l’occasion de notre petite affaire, votre CV et voilà qui m’intéresse et nous amène ensemble ici… J’ai bien compris que le COLLECTIF faisait partie de vos directes préoccupations …….
Est-ce qu’elle connaîtrait mon action syndicale, déjà, alors que je me la suis joué motus sur le coup ??? pensait Carambille...
En effet, votre culture (physique) (ouaf ouaf ouaf ouaf ouaf) m’a frappée : Karaté, boxe française et savate… ça me branche, notamment en tant que présidente du Féminine Footballing Group Of Bastalléria (FFGOB)... alors today les seules choses qui m’intéressent, moi, ce sont vos mollets… soulevez le bas de votre froc que je m’y retrouve
Manquait plus que ça, si elle est branchée nénette je suis très mal : j’aime pas les barbues, repensait Carambille tout en s’exécutant, blasée…
OUAH !!! OUAH !!! Je savais que vous en aviez sous le pantalon (sic), j’ai repéré ça tout de suite, aussi je vous propose d’être notre attaquante GAUCHE dans notre équipe départementale féminine de foot dont je suis de façon cumulative la présidente, la coach et la goal (re-sic) … Ne me répondez pas tout de suite, on en reparlera demain matin définitivement…
Vous avez le choix entre dire OUI et dire OUI… Sauf si votre préférence va à ce que je traite votre bévue d’hier soir comme une faute majeure entravant votre progression dans le classement final de la promo[8]… C’EST AU CHOIX…
Dernière chose : mettez la pédale douce sur le Jack Daniels, j’ai reconnu l’odeur hier, je vous conseille le rosé de pays, c’est plus léger… De même je ne vous préconise pas la fumette (ti-oinj, jaouen et autre herbe fleurie c’est niet) prenez donc ça – dit-elle en lançant à notre favorite un paquet de tabac – c’est de la feuille fraîche fumée à la crotte de bouc… roulé dans la papier qui va bien, c’est un véritable délice et c’est très tonique qui plus est !!!
Bon ! C’est pas que je m’ennuie avec vous mais faut que j’aille faire mon discours d’intro en amphi… Je vous retrouve sur les rangs dans cinq minutes chrono … Allez !! Caletez poulette !!! Ouaf ouaf ouaf ouaf ouaf ouaf ouaf ouaf ouaf !!!!!! »
(à suivre…)
[1] Des cours d’alphabétisation peuvent être proposés aux lecteurs en difficulté (écrire à l’auteur, qui transmettra)[2] Piètre du latin pedester, -tris, (qui va à pied) : Langue soutenue (et toc !). Qui est de peu de valeur, très médiocre (voyez qu’on fait des efforts en terme de pédagogie tout de même !! On est pas des chiens (comme dirait Joey)).[3] Voir l’épisode 1 de la saison 2, 5ème paragraphe, ligne 7.[4] SDE : Service Des Etudes.[5] Voir note 3, page 3, épisode 4 de la saison 2.[6] Traduction pour les sourds, téléphobes et autres ignares quant aux jeux télévisés (et y sont nombreux parmi les lecteurs de ce feuilleton – sources de données INSEE -) : allusion au jeu « Qui veut gagner des millions » animé par Jean-Pierre Foucault (non, on expliquera pas qui c’est !!!!).[7] Surnom des élèves de l’Ecole Régionale d’Administration (ERA)[8] Voir l’épisode suivant